AUX URNES CITOYENNES - Tribune de Bruno Millienne

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AUX URNES CITOYENNES – Tribune de Bruno Millienne

Partout où les nationalistes passent, vos droits régressent

 

Alors que la campagne des élections européennes touche bientôt à sa fin, il est un sujet pour lequel très peu a été dit tout au long de débats obstinément ramenés par l’opposition nationale française à un référendum contre le pouvoir en place. Ce sujet, chacun des peuples qui a récemment opté pour le repli nationaliste, le connaît malheureusement trop bien : le recul des droits et tout particulièrement des droits des femmes.

Le constat est alarmant. Dans tous les pays où les nationalistes ont pris les rênes du pouvoir, les droits des femmes ont inexorablement régressé. Ce mal qui semble bien loin des valeurs européennes n’épargne désormais plus notre continent, ainsi que nous pouvons le constater en Italie ou en Hongrie.

Ce qui se joue ce dimanche 26 mai 2019 est donc bien davantage que ce que veulent nous faire croire les nationalistes de tous bords. Il ne s’agit pas seulement de dire son attachement ou son aversion à l’idée européenne, il s’agit de choisir le monde dans lequel nous voulons vivre demain, celui dans lequel nos enfants grandiront. Et ce monde, l’Europe participe à le façonner, face aux tentations hégémoniques des dirigeants nationalistes voire impérialistes, tel Donald Trump aux Etats-Unis ou bien d’autres encore par le globe. Voulons-nous un monde où chacun vit de plus en plus reclus, éloigné des autres, n’ayant pour seul intérêt que son bien-être personnel au détriment de l’autre ? Un monde où les droits les plus chèrement acquis sont peu à peu rognés jusqu’à disparaitre pour revenir aux maux qui ont rongé nos sociétés d’antan où le sexe de chacun déterminait sa place dans la société, tout autant que sa couleur de peau ou ses convictions religieuses… ? Ce monde-là nos ancêtres l’ont connu et ils se sont battus pour que nous héritions d’une version améliorée, plus juste.

Le combat des nationalistes consiste donc à nous ramener quelques années, quelques siècles en arrière… En des temps où les conflits armés étaient le quotidien des peuples réduits à servir les ambitions personnelles d’un petit nombre. L’Union européenne, c’est justement la promesse d’épargner tout cela aux peuples européens par une union sans cesse plus étroite entre eux. C’est le rassemblement de ces peuples autour de valeurs communes, des valeurs empruntes d’humanisme qu’ils ont en partage et qu’ils ont à cœur de promouvoir par-delà les limites géographiques du continent, au nom d’un idéal de société fraternelle où chacun est libre de s’épanouir.

C’est à la renaissance de ce projet européen, du mieux-vivre ensemble, que nos concitoyens sont appelés, afin que l’Union européenne devienne enfin cette puissance économique et sociale en capacité de s’élever contre l’hyper-capitalisme et de répondre pleinement aux aspirations, en particulier sociales, des peuples européens. Face à cela, l’autre « choix » qui leur est proposé veut laisser à croire que le salut des peuples d’Europe passe par le repli sur soi, dont on sait au final ô combien il peut être mortifère.

En effet qui peut croire un instant, comme le prétendent les nationalistes de tous poils que l’on serait plus forts divisés qu’unis. C’est une aberration totale séculairement démontrée ainsi que le prouve l’Histoire : c’est toujours unis que nous sommes parvenus à triompher, c’est unis que nous sommes parvenus à éviter la guerre.

Qui peut croire que ceux-là mêmes qui, prétendant, au nom de leur idéal nationaliste, défendre les intérêts du peuple, s’abaissent à des pratiques d’intelligence avec des puissances étrangères, sauront le moment venu s’opposer à ceux avec qui ils auront pactisé, lorsque les intérêts de leur peuple le commanderont, lorsque ces intérêts seront contraires à ceux de leur « partenaire ».

Le danger qui nous guette est grave et il pèse avant tout sur ceux d’entre nous pour qui, de longs combats ont été nécessaires pour qu’ils accèdent à des droits essentiels et parmi ceux-là, il y a : les femmes. Le recul de leurs droits, d’ores et déjà constaté dans bien des États du globe qui ont fait le choix du repli nationaliste, s’il advenait en Europe, frapperait d’indignité l’ensemble des peuples européens. Ce serait une trahison de la mémoire de figures majeures de l’Union européenne telles Simone Veil dont nous connaissons le combat pour le droit à l’IVG, obtenu de haute lutte.

On le sait, les Etats-Unis ont élu un président ouvertement misogyne. Deux ans après son élection, les anti-IVG progressent partout dans le pays : en Ohio, au Mississipi, au Kentucky, en Géorgie qui ont instauré des conditions drastiques d’accès à l’avortement des femmes. Pire en Alabama où les médecins peuvent être passibles de 99 ans d’emprisonnement s’ils pratiquent l’IVG. Et ce mouvement se répand partout dans le monde et notamment en Europe.

En Pologne, le parti ultra-conservateur Droit et Justice tente, depuis son arrivée au pouvoir, d’interdire purement et simplement l’IVG. Il a déjà réussi à rendre plus difficile l’accès à la pilule du lendemain. Cette pilule qui était disponible, comme en France, directement en pharmacie, ne peut plus s’obtenir sans prescription médicale.

En Italie, en octobre 2018, le très Salviniste, Alberto Zegler, fait voter, à Vérone, la motion 434. Cette motion fait de la ville de Vérone une « ville pour la vie » qui encourage avec force « la prévention des IVG et le soutien à la maternité », notamment en autorisant le financement public des associations anti-avortement. Un effrayant retour en arrière.

En Hongrie, le gouvernement du très sulfureux Viktor Orban, agit lui de manière plus insidieuse, en mettant en place une politique entièrement à visée nataliste. Ainsi, dans ce pays, une femme qui se marie avant 40 ans a accès à des prêts à taux réduit, les familles ayant 4 enfants sont exonérées d’impôts à vie et peuvent voir leurs dettes effacées en cas de naissances multiples.

En Allemagne, l’AfD plaide pour « la culture de bienvenue des enfants non-nés »

Ce droit des femmes à disposer de leur corps est battu en brèche dans bon nombre d’autres pays européens: en Croatie, en Macédoine ou encore en Slovaquie. Dans tous ces pays, passés sous le joug des néo-conservateurs ou des nationalistes les droits génésiques sont en recul. Et quand on parle de droits génésiques, on ne parle pas que de l’IVG, mais également du droit universel à l’éducation sexuelle, à l’accès à des informations claires et à la contraception.

ALORS MESDAMES REAGISSEZ ! IL S’AGIT DE VOS DROITS, ACQUIS DE HAUTE LUTTE ! DIMANCHE 26 MAI VOTEZ POUR QU’ILS NE DISPARAISSENT PAS ! VOTEZ POUR LA LISTE QUI LES DEFEND LE PLUS ! VOTEZ POUR « RENAISSANCE EU »

 

Bruno Millienne

Député MoDem de la 9e circonscription des Yvelines

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