Communiqué de Brahim Hammouche, relatif à la mission d’information sur l’organisation territoriale de la santé mentale

Communiqué de Brahim Hammouche, relatif à la mission d’information sur l’organisation territoriale de la santé mentale

Communiqué de Brahim Hammouche, relatif à la mission d’information sur l’organisation territoriale de la santé mentale

Au terme de cette mission sur l'organisation territoriale de la santé mentale que j'ai présidée, notre constat est sans appel et s'ajoute à ceux des nombreux rapports déjà remis depuis plus de 20 ans. La psychiatrie coûte plus cher dans notre pays que la lutte contre toute autre pathologie, constituant avec 22.5 milliards d’euros le plus gros poste de dépense de l’assurance maladie devant le cancer ou les maladies cardiovasculaires. Pourtant la prise en charge des patients est loin d’être optimale.

La mission en appelle donc à un sursaut de la puissance publique, à un véritable leadership de l’État qui passe par :

  • Une redéfinition de la politique nationale de santé mentale, territorialisée et en responsabilité populationnelle et pilotée à un niveau interministériel, par un délégué interministériel,
  • La création d'une agence de soutien sur le modèle de l’institut national de lutte contre le cancer
  • Une simplification et une harmonisation des cartes sanitaires et en santé mentale avec la fusion des périmètres des différents organismes au niveau départemental,
  • L'intégration de la stratégie en santé mentale dans le plan ma santé 2022 afin de faciliter décloisonnement entre le somatique et le psychique,

En tant que président, je préconise un retissage du maillage organisationnel et territorial autour d'un secteur tel qu'il avait été pensé à l’origine, c’est-à-dire résolument tourné vers les structures extra-hospitalières, qu’elles soient sanitaires, sociales ou médico-sociales, fonctionnant « en réseau » et soutenu financièrement, prioritairement dans les territoires où le rattrapage des moyens est nécessaire. Cela passe par le développement massif des équipes mobiles sur l’ensemble du territoire mais aussi de structures d’amont et d’aval, pour renforcer l’« aller vers » notamment les populations vulnérables, les adolescents et les personnes âgées.

Pour le président, et contrairement à la rapporteure Martine Wonner, en aucun cas ce changement ne peut s’opérer par un gel de la création de lits dans le secteur public au vu des tensions aux urgences somatiques et psychiatriques, qui, rappelons-le, restent le dernier recours des plus démunis.

Les Projets Territoriaux de Santé Mentale (PTSM), devront être renforcés afin de garantir la bonne gradation des soins, notamment avec l’appui de coordinateurs territoriaux, financés par les ARS.

Enfin, le parcours de soin doit être recentré autour du patient en respectant sa liberté thérapeutique, et mieux, en promouvant son pouvoir d’«agir» et les principes de la réhabilitation dès le début de la prise en charge.

C’est pourquoi la mission se prononce pour le remboursement des psychothérapies et que je préconise le développement de la psychiatrie communautaire et la pair-aidance, qui font le pari du savoir pratique du vécu et redonne au patient un pouvoir d’agir dans une alliance thérapeutique avec le médecin.

C’est ce virage citoyen et ce visage humaniste d’une psychiatrie au cœur de la cité que j’appelle de mes vœux afin de déstigmatiser enfin la psychiatrie et les malades en souffrance psychique.

Brahim Hammouche

Député de la Moselle

Président de la mission d’information sur l’organisation territoriale de la santé mentale

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