Consultation en Nouvelle-Calédonie : "Nous souhaitons à nos compatriotes une consultation sereine, sincère et réfléchie"

Consultation en Nouvelle-Calédonie : "Nous souhaitons à nos compatriotes une consultation sereine, sincère et réfléchie"

Consultation en Nouvelle-Calédonie : « Nous souhaitons à nos compatriotes une consultation sereine, sincère et réfléchie »

Découvrez le discours prononcé par Aude Luquet à l'occasion du vote solennel du projet de loi organisant la consultation sur l'accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie :

[Seul le prononcé fait foi]

Nous sommes réunis aujourd’hui pour voter le projet de loi organique relatif à l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. Nous devons, par ce vote, avoir conscience de la responsabilité qui est la nôtre à cet instant ; celle de permettre aux calédoniens de tourner la page d’un passé douloureux en se saisissant de leur avenir et en décidant pour eux-mêmes de leur devenir.

En effet, la Nouvelle-Calédonie arrive au terme d’un cycle institutionnel de 20 ans consécutif à la signature des accords de Nouméa, cycle succédant à une première période transitoire de 10 ans consacrée par la signature des accords de Matignon Oudinot ayant mis fin à près de 4 années de ce qu’on appelle pudiquement « Les évènements ».

Pour bien prendre conscience de la responsabilité qui est la nôtre en ce jour, je voudrais rappeler la dernière phrase du point 5 des Accords de Nouméa de 1998, qui prévoit, au terme des 3 consultations prévues par le texte que : « l’Etat reconnaît la vocation de la Nouvelle-Calédonie à bénéficier, à la fin de cette période, d’une complète émancipation ».

Cela fait donc 30 ans que les calédoniens vivent dans l’attente d’une consultation essentielle à la détermination de leur avenir.

30 ans, c’est le temps pour chaque calédonien de tirer les leçons d’un passé douloureux, d’accepter l’histoire calédonienne, de mettre en évidence « les ombres et les lumières de la colonisation » (préambule des accords de Nouméa) mais aussi et surtout c’est le temps suffisant pour mûrir un projet ensemble.

Quel que soit l’avis que chacun puisse avoir sur l’histoire politique, économique, sociale, ou l’évolution sociétale de ces 30 années, la représentation nationale doit aujourd’hui se prononcer sur le projet de loi organique relatif à l’organisation de la consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.

Les calédoniens doivent décider de leur avenir. La population concernée par cette consultation a été définie, non sans mal, et le corps électoral ne fait plus débat ; les hommes et les femmes admis à voter pour cette consultation sont inscrits sur les listes électorales générales de la Nouvelle-Calédonie ainsi que sur la Liste Electorale Spéciale à la Consultation.

Le texte qui nous est soumis répond donc aux demandes des principales formations politiques calédoniennes dont la volonté première est de rendre le scrutin incontestable en garantissant

sa sincérité. Sincérité affirmée par une large représentativité et par la garantie d’une juste et libre expression des différentes sensibilités politiques du territoire.

Cette sincérité est seule garante d’un avenir apaisé pour une collectivité d’outre-mer face à son destin. Quelle que soit la manière dont les calédoniens se prononceront, leur destin est de rester ensemble.

Nous le voyons, le projet de loi apporte toutes les conditions nécessaires au bon déroulement de la consultation et nous nous félicitons de la belle volonté commune d’arriver à un large consensus entre le Sénat et notre Assemblée en conciliant l’ensemble des différentes sensibilités.

Il nous appartient désormais aujourd’hui de faire en sorte que cette consultation ait lieu dans un climat apaisé dont l’unanimité du vote de notre assemblée serait un premier signe.

Notre groupe parlementaire, attaché aux valeurs issues des accords de Matignon-Oudinot et de l’accord de Nouméa, soucieux des intérêts des calédoniens, souhaite à nos compatriotes une consultation sereine, sincère et réfléchie ainsi qu’une pleine réussite dans la mise en œuvre effective d’un vivre ensemble dont chacun d’entre nous pourra s’inspirer.

« L'histoire des peuples n'est qu'une leçon de mutuelle tolérance, si bien que le rêve final sera de les ramener tous à l'universelle fraternité », écrivait Emile Zola dans Nouvelle campagne.

C’est dans cet espoir que notre groupe votera favorablement le texte de loi proposé.

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