Débat sur la motion de censure du 13 décembre 2018 - Patrick Mignola

Débat sur la motion de censure du 13 décembre 2018 - Patrick Mignola

Débat sur la motion de censure du 13 décembre 2018 – Patrick Mignola

Retrouvez le discours de Patrick Mignola, Président du groupe Mouvement Démocrate et apparentés et député de Savoie, à l'occasion du débat sur la motion de censure le 13 décembre 2018.

 

Extraits :

« Dans le cadre d’une motion il est légitime que les oppositions s’opposent au Gouvernement, il est légitime que la majorité le soutienne, mais il est surtout utile que de nos débats naissent des solutions. Parce que nous sommes entrés dans le temps des solutions. Le Président de la République a proposé des solutions et même au-delà, il a, tracé une vision pour le pays. Nous ne vous suivrons donc pas dans cette motion de censure, parce que, au fond, vous voulez un nouveau gouvernement et que nous, avec le gouvernement, nous nous proposons plutôt une nouvelle société. Et sous l’impulsion du Président de la République, c’est à impulser, c’est à bâtir cette nouvelle société, ce nouveau contrat social et civique que le gouvernement nous invite. »

« Je voudrais dire un mot, d’abord, d’efficacité. Notre Président de la République, à la différence de beaucoup de ses prédécesseurs, à la première grave crise qu’il traverse, il ne s’est pas arrêté, dans ce que nous avions vécu auparavant, à la première crise c’était un pas en avant, deux pas en arrière et les quinquennats duraient 18 mois. Alors notre pays a beau être un grand pays, c’est peut-être pour ça aussi que quelques décennies plus tard, il a des gilets jaunes sur les ronds-points, parce que même un grand pays, s’il n’est géré qu’à mi-temps ou peut-être même à tiers temps ou à tiers quinquennat, effectivement, il ne peut pas s’en sortir. Je crois qu’avec Emmanuel Macron nous avons quelqu’un qui ne propose pas à la première crise de faire un pas en avant et deux pas en arrière, mais plutôt de faire un pas en avant puis deux pas en avant, parce qu’il nous propose aujourd’hui d’accélérer les réformes. Il nous propose d’accélérer les bénéfices sociaux des réformes que depuis 18 mois, aux côtés du Gouvernement, nous avons conduites. Il a raison. »

« Nous devrons travailler, et la République en marche nous y invite et nous la soutiendrons, sur la taxation des GAFA, sur la niche Copé, sur la fiscalité des grandes entreprises. Nous pourrons surtout, dans cadre de ce débat sur la fiscalité, objectiver les termes du débat. »

« Il est fondamental que les mesures sociales ne soient pas financées par le déficit. C’est la responsabilité, d’ailleurs, à laquelle nous a rappelé le Premier Ministre dans son intervention. Et dans le débat parlementaire, que nous aurons à conduire dans les jours qui viennent. Le groupe du Mouvement Démocrate et apparentés fera aussi aux côtés de la République en Marche, des propositions en ce sens. Nous proposons, par exemple, de reconduire le CICE plutôt que de le modifier. Parce que cette mesure ne serait pas pénalisante pour les entreprises et qu’elle serait salvatrice pour les finances publiques. Pas pénalisantes, car que le soutien aux entreprises arrive par un crédit d’impôts ou par une baisse de charges, c’est un même soutien à l’emploi. Elle n’est pas pénalisante pour les PME surtout, parce que les PME font déjà ou ont la possibilité de le faire, un préfinancement de leur CICE. Et elle serait salvatrice, parce que cette bascule pourrait s’effectuer après les réformes structurelles que sont celles de l’assurance chômage, des retraites, de la réforme de l’État dont le Premier Ministre a parlé tout à l’heure. Parce que c’est effectivement à travers cette réforme structurelle que nous trouverons un durable équilibre des comptes publics. Et au fond, cette mesure serait salvatrice parce que le Gouvernement avait proposé cette bonne mesure pour remettre les finances à l’endroit.  Parce qu’il n’y a pas pire monstre budgétaire que le CICE. Payer l’année d’après une charge décidée l’année d’avant. Mais c’est précisément grâce à cette orthodoxie budgétaire, grâce au sérieux budgétaire dont nous avons fait preuve depuis 18 mois qu’aujourd’hui, nous pourrions être, nous le mettons au débat, en capacité de financer des mesures sociales sans creuser le déficit. »

« Vous avez évoqué enfin les gilets jaunes. Je voudrais leur dire du respect. Mais dire à certains, dans cet hémicycle, que les respecter, ce n’est pas les inciter à défiler encore samedi.

Que les respecter, ce n’est pas les suivre pour faire croire qu’on les précède, ce n’est pas feindre, puisque leur initiative vous a dépassé, que vous en êtes les organisateurs. Et au fond, les gilets jaunes, s’ils veulent une représentation politique, je crois qu’ils s’organiseront eux-mêmes, et sans vous. Alors parmi les 3 groupes qui ont porté cette motion de censure, l’un d’eux voudrait leur faire faire la révolution. Deux autres, qui soutenaient le quinquennat précédent, voudraient les ramener à ce dit quinquennat. Je crois que leur proposer de refaire le match de l’élection présidentielle c’est mépriser leurs revendications, et au fond, c’est mépriser la démocratie. Et leur proposer un retour en arrière, ce n’est surement pas un projet d’espoir pour leur donner à nouveau goût en l’avenir. Au fond, mes chers collègues, cette motion de censure s’adresse aux responsables de la crise. Ce gouvernement, cette majorité, en prennent leur part. Mais tous les gouvernements des majorités précédentes ont la leur. Ce gouvernement, cette majorité, ils ne méritent pas la censure. Les gouvernements des majorités précédentes, c’est vrai, les auraient mérités, mais ceux-là ils sont déjà tombés. Cette motion de censure est donc mieux incongrue, au pire, c’est comme un boomerang pour ceux qui l’ont déposée. »

 

 

 

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