EGAlim : "Le travail parlementaire a contribué à étendre la portée et la profondeur du texte sur des sujets primordiaux"

EGAlim : "Le travail parlementaire a contribué à étendre la portée et la profondeur du texte sur des sujets primordiaux"

EGAlim : « Le travail parlementaire a contribué à étendre la portée et la profondeur du texte sur des sujets primordiaux »

Découvrez le discours prononcé par Nicolas Turquois à l'occasion du vote solennel du projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentaire saine et durable :

 

[Seul le prononcé fait foi]

Le vote solennel de ce jour revêt un sens tout particulier pour ceux qui défendent depuis longtemps la ferme France et qui s’investissent pour une agriculture plus compétitive, plus rémunératrice mais aussi plus attentive aux questions environnementales. En tant que premier projet de loi agricole de la législature, ce projet de loi a suscité de fortes attentes, en particulier chez nos agriculteurs, que nous nous sommes efforcés, tout au long de l’examen de ce texte, de ne pas décevoir.

Ce projet de loi est celui, je dois bien l’avouer, qui m’a le plus marqué : 8 jours et nuits de débats intenses, sans discontinuer. Toutefois, malgré la longueur des échanges, les débats ont été posés, intéressants et j’ai éprouvé un réel plaisir à écouter les discours et les argumentations de tous les députés, d’où qu’ils viennent sur ces bancs.

Je vois dans cette loi agricole un véritable tournant que l’on propose à nos agriculteurs car elle amène un renversement complet de la méthode :

  • Renversement d’une part avec l’inversion de la logique de construction des prix pour une meilleure répartition de la valeur ajoutée entre les acteurs afin que chaque agriculteur soit rémunéré au juste prix payé.
  • Renversement d’autre part avec la valorisation de produits alimentaires de qualité et tout particulièrement à travers la restauration collective.

Toutefois, si je reste convaincu que cette démarche est la bonne, il importe de convaincre nos agriculteurs du bien-fondé de ce texte sans stigmatiser leurs pratiques, qui ont leur histoire et leurs raisons. Si nous n’emmenons pas avec nous les producteurs, je crains que ce projet de loi ne reste lettre morte.

C’est pourquoi, au groupe MoDem et apparentés, nous sommes pour des temps d’adaptation, pour l’élaboration de plans de filière, pour un renforcement du rôle des interprofessions. Nous défendons une approche au cas par cas, pragmatique.

Nous sommes pour une transformation du système et non pour une opposition entre les uns et les autres.

Les questions du bien-être animal ou des produits phytopharmaceutiques sont légitimes et doivent être posées. Sur beaucoup de sujets, j’ai été frappé par la prise de conscience commune sur l’ensemble des bancs de l’hémicycle ! Les agriculteurs savent qu’un changement de pratiques est nécessaire. Grâce aux plans de filière souhaités par le Gouvernement, tous les éleveurs et producteurs sont responsabilisés sur ces questions. Les députés MoDem et apparentés soutiennent l’approche progressive et pragmatique qui a prévalu dans ce projet de loi, à l’instar du sujet sensible des poules pondeuses en cage.

Je crois sincèrement que sur ce projet de loi, le travail parlementaire, en commission puis en séance publique, a contribué à étendre la portée et la profondeur du texte sur des sujets primordiaux comme la prise en compte des indicateurs de coûts de production, la sécurisation de la contractualisation en cascade, le renforcement du rôle du médiateur et de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, l’expérimentation de l’utilisation de drones pour la pulvérisation des produits phyto pharmaceutiques, la prise en compte des projets alimentaires territoriaux dans la restauration collective, le développement de la méthanisation, le contrôle des sociétés de l’agro-alimentaire qui rechignent à publier leurs comptes, la valorisation des abattoirs mobiles, la mise en place d’amendes réellement dissuasives pour les acheteurs ou encore la prise en compte de la spécificité des Outre-mer.

Cet enrichissement a été possible par votre ouverture et votre écoute M. le Ministre et M. le Rapporteur, je vous en remercie sincèrement, sans oublier le président Lescure. Mais j’ai eu aussi un grand plaisir à écouter des argumentations de qualité. Je vais saluer ici Laurence Maillard-Méhaignerie, Monique Limon et Célia De Lavergne avec qui nous avons bien travaillé. Et cette semaine, Thierry Benoît, Antoine Herth, Vincent Descoeur, Jérôme Nury, Gilles Lurton, Arnaud Viala, Dominique Potier, Guillaume Garot, André Chassaigne, Sébastien Jumel, François Ruffin, pour ne citer qu’eux, m’ont fait progresser dans mes réflexions sur tous les sujets. J’associe également mes collègues du groupe Modem (Marc Fesneau ?) et tout particulièrement Richard Ramos dont le verbe nous a plusieurs fois convaincu.

Nous attendions tous beaucoup de ce projet de loi car il en va de l’avenir de notre agriculture qui est l’un de nos plus grands atouts et de notre plus grande fierté. Il s’agit ici d’une première étape ; nous attendons désormais les rendez-vous à venir sur l’installation des jeunes agriculteurs, le foncier agricole, la fiscalité, le stockage de l’eau, la nécessaire simplification des normes, le MERCOSUR ou encore la réforme de la PAC.

Pour toutes ces raisons, le groupe MoDem et apparentés votera avec enthousiasme ce projet de loi.

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