"Il serait dommageable que les vertus du rugby soient reléguées au second plan derrière la seule étiquette de sport brutal"

"Il serait dommageable que les vertus du rugby soient reléguées au second plan derrière la seule étiquette de sport brutal"

« Il serait dommageable que les vertus du rugby soient reléguées au second plan derrière la seule étiquette de sport brutal »

Lors de la séance de questions au gouvernement, Michel Fanget a interpellé Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, au sujet de la brutalité grandissante dans la pratique du rugby.

Retrouvez le texte et la vidéo de sa question, ainsi que la réponse de la ministre :

 

[Seul le prononcé fait foi]

Le 10 août dernier, le jeune Louis FAJFROWSKI, âgé de 21 ans, est décédé au cours d’un match de rugby amical de Pro D2.

En juin dernier, c’est un jeune de 17 ans, licencié au Rugby Club de Billom, qui est décédé durant son sommeil, victime d’un traumatisme crânien causé lors d’un match de rugby disputé l’après-midi même.

Le rugby, certes sport de contact, mais avant tout sport d’évitement, est devenu de plus en plus violent et désormais il tue.

Ces drames restent exceptionnels mais il ne faut pas occulter les nombreuses commotions que peuvent subir les joueurs de rugby, et ce quel que soit leur niveau de pratique.

De nombreux spécialistes tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences néfastes que pourra avoir la pratique d’un rugby de plus en plus physique où les gestes violents sont devenus monnaie courante.

Je suis particulièrement attaché à ce sport car il a bercé une partie de ma jeunesse et représente une identité forte dans ma ville.

Mais je suis inquiet de ce qu’il est en train de devenir.

Le territoire de ma circonscription est, comme de nombreux territoires Français, une terre de rugby.

Elle compte des dizaines d’école de rugby et une équipe de haut niveau qui évolue en Top 14, à savoir l’ASM Clermont Auvergne.

J’ai pu échanger avec les éducateurs des écoles de rugby et constater toute la pédagogie déployée pour enseigner ce sport en respectant les consignes nécessaires à une pratique sécurisée du rugby.

Cependant j’ai également pu constater que les jeunes pratiquants pouvaient avoir tendance à vouloir imiter leurs illustres aînés et reproduire des gestes, qui, sans en avoir le physique adapté ou sans en maîtriser la technique, peuvent s’avérer dangereux.

En qualité de cardiologue et de médecin du sport, je suis amené à côtoyer des parents qui ont étiqueté le rugby comme sport « dangereux ».

Ils sont nombreux à s’interroger sur la pertinence de continuer à inscrire leurs enfants dans les écoles de rugby et je crains que sans une évolution des mentalités et des pratiques, nous soyons confrontés à une hémorragie profonde du nombre de licenciés dans les mois et les années à venir.

Il serait dommageable que les vertus de ce sport, en termes d’école de la vie, soit reléguées au second plan derrière la seule étiquette de sport « brutal ».

Cet état de fait serait dramatique pour ce sport surtout à quelques mois de la Coupe du Monde au Japon.

Ma question est la suivante :

Ne croyez vous pas qu’il serait opportun, pour ne pas dire urgent, de lancer une réflexion, qui va bien au delà que les quelques mesures prises par la Fédération Française de Rugby,  sur ce qu’est devenu ce sport et surtout sur ce qu’il doit devenir et la manière dont il doit être enseigner afin de nous assurer que le rugby restera un atout pour toutes les jeunes filles et les jeunes garçons qui souhaitent le pratiquer ?

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