"Le moment est venu de procéder avec l'Allemagne à une vraie clarification sur la PAC et la politique de cohésion territoriale"

"Le moment est venu de procéder avec l'Allemagne à une vraie clarification sur la PAC et la politique de cohésion territoriale"

« Le moment est venu de procéder avec l’Allemagne à une vraie clarification sur la PAC et la politique de cohésion territoriale »

Lors de la séance de questions au gouvernement, Jean-Louis Bourlanges a interrogé Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, au sujet d'une nécessaire clarification commune de l'Allemagne et de la France sur la possibilité d'un recul drastique des crédits alloués à la Politique Agricole Commune et à la cohésion territoriale. Le député des Hauts-de-Seine a ainsi insisté sur la nécessité de marquer clairement la volonté française exprimée par le président de la République de reprendre la marche en avant de l’Europe.

Retrouvez la vidéo et le texte de sa question, ainsi que la réponse du ministre :

 

[Seul le prononcé fait foi]

Le 9 mai 1950 la France, par la voix de M. Robert Schuman, dessinait précisément les contours de la future Union européenne.

Le but de l’entreprise était clair : la création, non pas d’un Etat fédéral, mais d’une union politique à caractère fédéral.

Le moyen choisi pour atteindre ce but était clair : avancer pas à pas vers l’objectif par l’accumulation « des solidarités de fait ».  

Le préalable était clair : rétablir l’entente, la coopération, et l’amitié entre l’Allemagne et la France.

Soixante-huit ans plus tard, le Président Macron a, lui aussi, clairement marqué la volonté française de reprendre la marche en avant de l’Europe.  Et pourtant nous sommes  inquiets.

Inquiets de voir le pacte fondateur de l’Union remis en cause par ceux qui préconisent ce monstre oxymorique que serait une prétendue « démocratie ilibérale ».

Inquiets de voir le Cadre financier pluriannuel, c’est-à-dire le budget européen, stagner autour de 1 % du PIB. C’est une hypocrisie que de prétendre relancer l’Union sur le recul drastique des deux seules politiques communes significatives existantes : la Politique Agricole Commune et la cohésion territoriale. Sur la PAC il faut être clair : si elle est bonne, finançons-la. Si elle est mauvaise, réformons-la mais n’ayons pas l’impudence de la tuer à petit feu au nom de la relance de l’Europe.

Inquiets, je ne crains pas de le dire, d’avoir le sentiment que les Allemands, même s’ils sont des partenaires fiables et des amis sûrs, ne semblent pas partager aujourd’hui exactement le même niveau d’ambition européenne que nous.  Ne croyez-vous pas, Monsieur le Ministre d’Etat, que le moment est venu de procéder avec notre grand voisin à une vraie clarification, notamment sur les deux sujets que j’ai évoqués ? Sommes-nous prêts, de part et d’autre du Rhin à assumer l’épreuve de vérité qui nous est aujourd’hui imposée ?

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