Marielle de Sarnez, invitée de "Conversations" sur i24News

Marielle de Sarnez, invitée de "Conversations" sur i24News

Marielle de Sarnez, invitée de « Conversations » sur i24News

Marielle de Sarnez était hier l'invitée de l'émission "Conservations" sur i24News. Retrouvez cet entretien de la présidente de la commission des Affaires étrangères au micro d'Anna Cabana et de Nicolas Domenach.

 

Marielle de Sarnez, bonsoir.

Bonsoir.

Vous êtes députée MoDem Paris, présidente de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale et éternelle complice de François Bayrou. On va commencer par la grogne des élus locaux puisque Edouard Philippe…

…je peux dire un mot sur ce que vous venez de dire ? Pour tout vous dire, j’ai bien aimé la phrase de Donald Trump : « la solution à deux États ». C’est une forme de découverte, de processus. Si on a vraiment un président américain qui se met sur la seule ligne qui puisse aboutir à la Paix parce que c’est cela qui compte dans cette région du monde, j’en suis heureuse. Peut-être ce sera suivi par d’autres déclarations qui n’iront pas forcément dans le même sens…

On va revenir sur la grogne des élus locaux puisque Edouard Philippe s’est adressé à eux ce matin à Versailles. Il était en opération déminage pour le congrès des régions de France. On l’écoute.

(Discours Edouard Philippe)

« On a été mandatés pour les engager alors on les engage » Ce n’est pas très enthousiaste comme…

Je suis une Girondine, pas une Jacobine. Donc je crois que l’État français est formidable pour rayonner dans le monde pour faire des tas de choses. Mais je fais totalement confiance au terrain pour mieux faire les choses. Je suis convaincue qu’on fait beaucoup mieux les choses de près qu’à Paris, avec quelqu’un qui décide à votre place. Je suis pour faire confiance au terrain, aux élus, et il faut que l’État accepte cela, et aille même au-delà des élus dans cette confiance qui doit leur faire.

On voit bien que les élus locaux n’ont pas du tout l’impression que l’État leur fait confiance.

Ils ont tort. Car je pense que ce que je viens de dire est partagé par le président de la République et par Premier ministre. Je ne peux même pas imaginer l’inverse parce qu’un pays comme la France ne peut marcher que si vous avez un certain nombre de corps intermédiaires qui sont en charge de responsabilités diverses qui fonctionnent. Donc confiance au terrain ! Il faut que l’État joue son rôle. Notamment, l’État donne de l’argent, et il faut que cet argent, l’État le donne avec une visibilité pour que les collectivités locales sachent où elles vont. Il faut que l’État soit capable d’un peu plus de souplesse. Quelque fois, il est trop rigide. Il décide quelque chose pour tout le monde que l’on soit sur une île, au fin fond d’un département, ou en haut d’une montagne… Vous savez combien il a de normes législatives et administratives en France ? 320 000 ! Peut-être que tout ceci mérite aussi qu’on mette un peu de bons sens.

Quand vous dites l’État, vous parlez de l’exécutif et à son sommet, il y a Emmanuel Macron qui n’est pas exactement reconnu par les territoires, par la province, comme étant des leurs… C’est-à-dire la verticalité macronienne et technocratique passe assez mal sur le terrain provincial.

Je crois que le président de la République est tout sauf technocratique.

Mais il s’est entouré de technocrates. 

Il y a des technocrates. C’est un mal français. On a des grands commis de l’État, peut-être très intelligents – moi, je n’ai que mon BAC, donc je peux en parler en étant extrêmement à l’aise – mais c’est vrai que lorsque vous passez un concours à 20 ans et que vous pensez que vous êtes le meilleur pour la vie, il y a un problème. Si vous ne vous posez pas de questions, si vous ne vous remettez pas en cause, si vous ne faites pas confiance aux autres, si vous ne jouez pas collectif, ça ne marche pas. Je crois qu’Emmanuel Macron sait cela parfaitement.

François Hollande s’est invité dans le débat. Il a tweeté ce matin : « Il faut donner de nouvelles compétences aux régions. La centralisation ne correspond plus aux aspirations des citoyens qui veulent être gouvernés au plus près. » Il dit exactement la même chose que vous. 

Non, on ne parle pas tout à fait pareil… Il a des mots plus de « techno ». Je ne suis pas sûre qu’il n’ait pas quelques arrières pensées… Est-ce vraiment du premier degré ? Est-ce qu’il a vraiment envie que ça réussisse ? En tout cas, je souhaite vraiment qu’il ait envie que cela réussisse. Moi, j’ai profondément envie que cela marche. Je n’ai pas envie qu’on revienne au monde d’hier. Je crois que tout ce que l’on peut faire pour aider que cela réussisse, il faut le faire.

Donc on voit  que vous serez vraiment un bras droit cette majorité présidentielle. Depuis la rentrée, il y a plusieurs députés En Marche qui ont l’air inquiets. Parmi eux, votre vieux compère Jean-Louis Bourlanges, qui a dit dans un communiqué : « la majorité apparaît pour ce qu’elle est : un trompe-l’œil.» Laurence Vichnievsky dit dans le JDD : « On est parfois écoutés, mais pas vraiment entendus » et même François Bayrou à Guidel, à l’Université de rentrée a dit :  « La majorité a besoin de voix libres. » Donc tous disent : « Marre des corsets ! »

Ils ont raison ! C’est très important la liberté. C’est très important que ceux qui soutiennent Emmanuel Macron, qui s’expriment dans sa majorité, soient les plus larges possibles. Il y a des sensibilités diverses. Jean-Louis Bourlanges, il a un talent formidable pour pointer les petits déséquilibres avec des mots qui sont les siens. D’ailleurs, Christophe Castaner l’a reconnu en disant « peut-mieux faire » ! Donc c’est très bien. Evidemment la majorité doit « marcher sur ses deux jambes », et même au delà de ça, au delà de LREM, et du MoDem, cette majorité doit être ouverte, ouverte d’esprit, à tous ceux qui ont le même intérêt général commun que le nôtre, c’est-à-dire que cela réussisse ! On n’est pas obligés d’avoir tous la même étiquette !

À qui pensez-vous ?

Je ne pense pas forcément à des partis politiques. J’ai envie que cela réussisse et pour cela, il faut que les réformes, les changements qui doivent être conduits, les ruptures – c’est cela qu’Emmanuel Macron a promis – soient tenus. Ce n’était pas une promesse technocratique de rompre avec tout ce qui n’allait pas. Pour que tout cela soit tenu, il faut une majorité large, la plus large possible. Moi je m’inscris là dedans depuis longtemps, depuis Valéry Giscard d'Estaing qui parlait de deux français sur trois. On a rendu service à la majorité et c’est très bien comme cela. Maintenant, il faut qu’on avance.

Vous avez vu que Marc Fesneau a récolté 86 voix !

C’est un signal qui est intéressant.

Mais pas très rassurant pour les macronistes…

Pas d’inquiétudes, il n’y a aucun problème.  

Ça veut dire il faut compter avec le MoDem ? 

Je suis militante. J’aime le Mouvement Démocrate. J’en suis sa 1èreVice présidente. Mais nous ne sommes plus dans questions d’appareil. Quand on voit le délitement européen et l’état du monde, vous ne croyez pas qu’il est temps de dépasser cela ? Essayons de construire quelque chose.

Vous avez sans doute vu le sondage IFOP dans le JDD et qui montre que 29% des Français sont satisfaits d’Emmanuel Macron. Il perd 7 points chez vos électeurs du MoDem.

Il y a eu des difficultés, des moments difficiles, mais c’est la vie politique ! Et ce n’est pas tant les difficultés mais la capacité à y répondre et les résoudre. Quelques fois, cela a été bien fait, quelques fois, ça a été moins bien fait. Je crois qu’il faut clôturer cette séquence  et en ouvrir une autre et je crois que plus vite il parlera aux Français en s’adressant à eux, pour revenir en quelques mots que ce qui s’est passé, mais surtout pour ouvrir une autre séquence : pour parler du chemin, du cap, de la vision, de ce qu’on construit ensemble, de la France que nous voulons, mieux ce sera. Il est temps qu’il parle aux Français.

Il a donnée une interview à Bloomberg TV et interrogé sur son impopularité, voici ce qu’il répond.

(Interview Bloomberg)

Des réformes, des réformes et tant pis si ça casse !

On ne va pas passer quand même à côté du grand discours qu’il a tenu à l’ONU ! On va y revenir.

On va y revenir. Mais les réformes ?

Moi je ne suis pas pour la réforme pour la réforme. Les réformes, elles doivent être toujours remises en perspective. On doit savoir pourquoi on change les choses et quel sera le mieux, le meilleur pour les Français. Les Français ont besoin de sens, ils ont besoin de repères et ils ont raison.

Même Gérard Collomb a stigmatisé un manque d’humilité.

Je ne sais pas s’il a stigmatisé.

Disons qu’il l’a dénoncé.

Il a pointé du doigt, peut-être, en disant « Nous… » , c’était un « nous » collectif.

C’était un « nous » collectif, je vous confirme, il ne parlait pas du Président de la République, il se mettait dedans. Mais alors, Jean-Louis Bourlanges – je reviens à lui parce que je l’adore -

C’est un très bon client, je vais vous dire.

Ah mais formidable. Lui a stigmatisé le manque d’humilité – c’était lundi sur France Inter – et en plus il a fait une métaphore formidable. 

Je ne crois pas que le pouvoir ait perdu la main, je crois, en revanche qu’il s’est passé quelque chose de très précis c’est que tout le monde a atterri. Ce qui a caractérisé l’année 2017, c’est l’idée un peu facile qu’il suffisait de prendre quelques mesures - d’ailleurs très heureuses, très bonnes – pour que tout aille bien, mais c’était une vague d’optimisme, qui était d’ailleurs assez justifiée à certains égards mais il y avait quand même une forme de naïveté. Attention ça ne va pas du tout être facile et aujourd’hui comme on dit dans Games of Thrones, "Winter is coming".

L’hiver arrive, Marielle de Sarnez. 

Il n’a pas tort du point de vue des saisons, il y a une assez grande logique.

Mais dans Games of Thrones on n’est pas tout à fait dans l’ordre des saisons. 

Il y a un mot qu’utilise Jean-Louis et sur lequel j’aimerais revenir, c’est l’optimisme, il ne faut pas perdre l’optimisme, c’est extrêmement important. Un pays qui a de l’optimisme, qui a confiance, qui mobilise ses énergies - c’était une des promesses de l’élection d’Emmanuel Macron - et je crois que c’est très très important de ne pas laisser cela de côté.

Est-ce que vous pensez que, aujourd’hui, il va s’exprimer ? Parce que vous l’invitez à s’exprimer, François Bayrou l’a invité à s’exprimer, est-ce que vous avez des informations là-dessus ? 

Je n’ai pas d’informations, et puis, même si j’en avais je ne vous les donnerais pas.

Vous ne voyez pas comment il peut faire autrement. 

Vous voyez bien, il ne s’est pas exprimé – je crois – depuis le mois de mai devant les Français. Bien sûr qu’il faut qu’il s’exprime, le rôle du Président de la République ce n’est pas d’être chef d’un parti, ce n’est pas d’être chef d’une sensibilité, ce n’est pas de faire l’exécutif – il y a un Premier Ministre et un gouvernement – c’est d’être le président de tous les Français, de donner le cap, de dire qu’elle est la vision, de rappeler quel est le sens, de dire quelles sont les difficultés du chemin, de dire comment on va y aller, où on va aller. Et moi, je pense que plus on le fait avec les Français, plus les Français vous accompagnent dans ce cheminement là. Mais c’est très important de le faire.

Et vous, votre rôle à vous, MoDem, dans l’équation politique nouvelle, c’est d’être cet aiguillon-là, c’est de rappeler au Président…  

Non, on n’a pas vocation à faire l’aiguillon

Ce n’est pas une mauvaise vocation 

Peut-être.Ce n’est pas la mienne dans tous les cas, la vocation de notre part, nous avons une coresponsabilité de ce qui doit être fait en France, de ce qui doit être fait en Europe et de ce qui doit être pensé dans le monde. Nous sommes là pour assumer cette coresponsabilité.

Un mot quand même sur les élections européennes, donc vous avez été députée européenne de 1999 à 2017, Emmanuel Macron appelle à un rassemblement des progressistes mais c’est qui les progressistes ? 

Je comprends ce qu’il veut dire, progressistes d’un côté, nationalistes de l’autre. Je crois que les prochaines élections européennes doivent servir à essayer de réconcilier les peuples.

Donc ce n’est pas la peine d’appeler à un rassemblement des progressistes. 

Je vous donne dans tous les cas mon point de vue : les peuples avec l’idée européenne, avec même l’idéal européen. Et je pense qu’il revient aux démocrates – nous avons nous un parti politique européen qui s’appelle le Parti Démocrate européen – de  saisir – comment dire – les attentes des peuples, les colères des peuples, les inquiétudes des peuples, et d’y répondre, parce que si l’on n’y répond pas, ce seront les autres qui le feront et ce seront les régimes autoritaires qui gagneront à la fin de l’histoire. Et moi je ne veux pas ça.

En séparant les peuples entre eux, progressistes et non-progressistes, on prend le risque de faire des segmentations. 

Je n’ai pas dit ça, c’est sa façon à lui de parler et je comprends qu’il rentre dans la campagne de cette façon-là mais il y a un moment dans la campagne où il faut s’adresser à tous les Français, à ceux qui ceux qui sont européens, à ceux qui doutent, à ceux qui veulent changer les choses en Europe en leur disant « Ecoutez c’est un moment historique ». Jamais – c’est cela le paradoxe : on a une Europe qui se délite – et jamais on n’aura eu plus besoin d’Europe qu’aujourd’hui quand on regarde le monde tel qu’il est : l’émergence de la Chine avec son hégémonie, première puissance mondiale - dans quelques décennies -, le retour de la Russie, le côté assez imprévisible on va dire des Etats-Unis, l’émergence des pays, les conflits qui nous entourent, qui ne voit qu’on a besoin d’une Europe forte dans le monde tel qu’il est. Et donc ça va être cela l’enjeu des prochaines élections européennes. Moi, je suis pour que l’on parle au peuple dans son ensemble, c’est ça qui compte pour moi.

Alors on va revenir sur le discours d’Emmanuel Macron à New York, on va l’entendre, mais avant, Marielle de Sarnez, nous allons accueillir Nicolas Domenach pour « Les questions en + ». 

Avec grand plaisir.

 

Bonsoir Marielle de Sarnez. D’abord je voulais souligner le fait qu’il y a une responsable femme à un poste important, la présidence de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale après la valse masculine à laquelle on a assisté ces derniers temps. 

Je ne vois pas ce que vous voulez dire.

Donc effectivement, profitons de sa – comment dire – spécificité, qualification, expertise pour savoir : est-ce que la parole du Président, déjà on avait l’impression qu’elle était forte, est-ce qu’elle porte le moindre du monde ? 

Oui elle porte.

Mais où et quand ? 

Moi je voyage énormément, en Europe et dans le monde, je peux vous dire que le regard sur la France a changé. Je ne veux pas parler des prédécesseurs et dire du mal comme on dit. Mais cela n’est pas le même regard, il y a une attente de France, une attente d’Emmanuel Macron à l’étranger et en Europe, mais, qui est immense. Quelques fois vous vous dites même « C’est trop important comme attente parce qu’il va falloir y répondre ». Parce qu’il y a toujours eu par ailleurs une attente de la France dans le monde, parce qu’on est le pays de la Révolution française, on est le pays de Liberté Egalité Fraternité, on est le pays de l’émancipation des peuples, au fond, avec une espèce de troisième voie en matière de politique étrangère qu’on suit depuis longtemps maintenant – en tout les cas sous la Ve République. Il y a ce besoin de France, moi j’ai suivi son discours à l’ONU, je vous le dis, j’étais fière d’être française.

On va l’écouter alors son formidable discours.  On a bien vu l’affrontement des logiques entre Trump et ce qu’il dit. Mais qu’est-ce qui vous plait dans cette phrase-là ? Parce que cet extrait c’est vous qui l’avez choisi.

Ce qui me plait c’est je crois qu’il y a une souveraineté européennes, et je crois qu’il faut une souveraineté européenne. C’est pour cela que le mot souverainisme je ne le laisse pas aux – comment on dit – nationalistes ou je ne sais quoi, je suis aussi patriote qu’eux, et je pense qu’il faut une souveraineté c’est à dire qu’il faut une Europe puissance. Ca veut dire qu’il faut demain on puisse se défendre, qu’on puisse garantir notre sécurité alimentaire, qu’on puisse préserver notre modèle de société qui est unique au monde, ça veut dire qu’il faut qu’on préserve nos valeurs qui ont un caractère universel – tout le monde le sait, tout le monde le voit bien – ca veut dire qu’il faut qu’on apporte des réponses à des questions que les peuples se posent en particulier sur la question migratoire : il faudra que l’Europe pose sur la table une vraie politique en matière d’immigration, relations avec l’Afrique. Ce sont des points extrêmement importants que nous avons à traiter devant nous.

Mais alors l’Europe, elle fonctionne avec un couple franco-allemand et pour l’instant c’est une situation très inversée par rapport à ce que nous avons pu connaître et Angela Merkel est en difficulté, on peut quand même faire avancer l’Europe en étant tout seul ? 

On est obligé d’avancer parce que à un moment si vous n’avancez pas vous mourrez. C’est le moment où l’on va être pour l’Europe, c’est à dire que si l’on ne fait rien, le délitement, la déconstruction tout cela va continuer et on ne peut pas laisser se défaire ces décennies de construction et d’idéal européen, mais on ne le fera pas sans les peuples. Et cela où je pense que c’est très important que la démocratie arrive et soit exigeante, on a fait trop longtemps l’Europe une Europe des experts, des techno à Bruxelles, genre ils disaient « C’est trop compliqué, on va pas mettre les peuples dans le coup ». Bah on voit bien le résultat quelques décennies plus tard. Et donc on ne peut pas faire l’Europe sans les peuples il faut évidemment qu’ils y prennent toute leur part.

Alors un ou deux autres dossiers en politique étrangère, la Syrie, on peut quelque chose ou on laisse encore se jouer d’autres forces en étant spectateur ? 

On est dans la coalition, tout le monde veut la sortie de guerre, tout le monde veut qu’il y ait une issue politique ; à la vérité ce n’est pas la guerre qui réglera la question syrienne, c’est évidemment l’issue politique qui réglera la question syrienne, après vous voyez bien que l’on a un certain nombre de puissances régionales autour : la Russie un peu lointaine et la Turquie plus proche, que bien évidemment il va falloir parler avec eux que c’est aussi le rôle de l’Iran sur la Syrie. Ce que la France fait : elle demande des corridors humanitaires,  elle fixe des lignes rouges et elle les fait respecter, elle est dans les processus de paix, elle a rejoint le processus qu’on appelle d’Astana. En même temps je n’aime pas ce qu’Assad fait à son peuple donc je vois bien qu’on ne doit pas être pour la déstabilisation totale de l’Etat parce que l’on voit bien quand il n’y a plus d’Etat, la Libye, c’est difficile, c’est pire encore, et en même temps je ne peux pas oublier ce qu’Assad a fait à son peuple, je ne peux pas oublier les dizaines de milliers de morts, de personnes disparues, de personnes torturées dans les prisons syriennes. Alors il faut obtenir une transition, il faut obtenir des élections libres, il faut obtenir que, une fois la paix revenue, les réfugiés puissent revenir, je pense en particulier ceux qui sont dans les 3 pays qui entourent : Liban, Jordanie, Turquie, qui puissent participer au destin du pays, qu’ils puissent voter. Voilà c’est cela la position de la France.

Et alors un autre dossier si j’ai encore le temps : le Mali, on a des échos assez alarmistes de l’évolution de la situation, peut-être vous en avez d’autres. 

D’abord, j’y étais, j’ai été au Mali, heureusement que l’on a la force Barkhane, merci à François Hollande et Emmanuel Macron, la nouvelle force Barkhane c’est sur 5 grands pays du Sahel donc le Mali et ses pays voisins, cette force participe vraiment de la stabilité ou de la stabilisation possible du pays. On a eu des élections, un président réélu, on a un Premier ministre qui est plutôt allant pour respecter ce qu’on appelle l’accord de paix qui est un accord de paix – pour aller très très vite – entre le sud du pays Bamako et le nord du pays sous le parrainage de l’Algérie, il faut que cet accord de paix prospère, il faut que les groupes rebelles évidemment rendent leurs armes et il faut en même temps qu’on ait les services publics qui reviennent, les écoles qui rouvrent, le développement qui reparte, vous ne pouvez pas faire l’un sans l’autre.

Alors dernière question, vous étiez au contact du Président, ces derniers jours, vous l’avez trouvé affaibli, hésitant ? Par les ces mauvais sondages qui arrivent jusqu'à lui, ce mauvais vent de France alors que vous dites que le reste du monde l’attend, comment l’avez-vous senti ? 

Oui, c’est dur en France, mais en même temps je pense que c’est un président fort, il sait où il va mais je crois aussi qu’il a la lucidité sur la situation et sur lui-même et ça, ça me semble très important.

Et pour terminer, Marielle de Sarnez, parce que c’est la tradition dans cette émission vous allez découvrir notre boite. 

Je lis ma question : pizza ou quinoa ? Honnêtement j’aime bien le quinoa mais j’adore les bonnes pizzas !

Bah voilà on n’est pas obligé de choisir, on peut être en même temps. 

Poignard ou poison ? Pour faire quoi ?

Devinez ! 

Pour se tuer, pour tuer quelqu’un ? Pour faire quoi ?

Laissez libre cours à votre imagination. 

Le poison a peut-être un côté plus raffiné.

Je continue, l’ombre ou la lumière ? Les deux c’est bien, une part d’ombre qui préserve et la lumière c’est quoi au fond ? C’est être en capacité de parler, de convaincre, d’aller vers les autres, de les entendre, d’aller avec eux et ça c’est important aussi.

Il faut faire des allers-retours. Une dernière question pour la route, à laquelle vous répondez très rapidement. 

Passion ou raison ? Je suis désolé parce que je vais dire passion et raison.

C’est Madame et en même temps, elle est partout en même temps. Je comprends bien, Marielle de Sarnez, pourquoi vous vous êtes retrouvées avec Emmanuel Macron. 

Mais si vous n’êtes pas passionné vous ne donnez pas votre vie à la politique et en même temps il faut regarder les choses avec un peu de raison et de rationalité.

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