Moralisation : "Dès lors que la confiance est rompue, il faut pour la rétablir des actes forts"

Moralisation : "Dès lors que la confiance est rompue, il faut pour la rétablir des actes forts"

Moralisation : « Dès lors que la confiance est rompue, il faut pour la rétablir des actes forts »

Retrouvez le discours prononcé par Élodie Jacquier-Laforge, députée de l'Isère, lors de la discussion générale sur le projet de loi pour la confiance dans l'action publique.

Parmi tous les défis qu’il nous faut relever en tant que parlementaires, il en est un qui nous réunit toutes et tous au-delà de nos opinions politiques et ce, pour une raison simple et grave : nous croyons en l’action politique, en sa capacité à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens, en sa faculté à influer sur le cours des choses. Action qu’il nous revient de faire vivre dans un cadre démocratique qu’il faut sans cesse améliorer.

Notre vie publique souffre de pratiques et de maux, qu’il n’est pas nécessaire de rappeler, tant ils sont présents à l’esprit des Français. Il faut les traiter en transformant dès à présent nos manières de faire.

Nous nous engageons au groupe MoDem et apparentés dans une action forte et déterminée pour le renforcement de la confiance en la vie publique.

C’est une exigence de longue date pour ma famille politique que de vouloir retrouver la confiance des citoyens en remaniant la façon dont notre système politique fonctionne. Nous estimons que la réforme qui nous est présentée est nécessaire car les pratiques qu’elle combat compromettent à terme la légitimité de la fonction, non seulement des élus, mais de tous ceux qui concourent à la vie publique de notre pays. Pour notre cas, l’abstention massive des dernières élections est un coup de semonce dont nous devons tirer urgemment les leçons.

Les raisons de la désaffection sont identifiées depuis longtemps et elles tiennent autant aux comportements des hommes et femmes qu’à la difficulté pour certaines des formations structurantes de notre vie politique de pouvoir se faire entendre et recevoir un juste accès à la parole publique et aux financements.

Nous le disons avec conviction : il n’y a rien à craindre du débat, de la discussion. La réflexion, celle qui s’enrichit de la contradiction et de l’expression des opinions diverses est indispensable, dès lors qu’elle est celle d’hommes et de femmes animés par l’intérêt général.

Il y a en revanche tout à craindre de la censure, des petits arrangements dans le dos des citoyens, de l’octroi de ce qui apparaît bien souvent, à juste raison parfois, comme des privilèges.

Nous connaissons tous les excès et l’injustice que l’opinion, à force d’avoir été flouée, fait porter sur l’ensemble de la classe politique. La majorité des parlementaires est animée d’une volonté de bien faire, mais dès lors que la confiance est rompue, il faut pour la rétablir des actes forts.

A ce titre, le projet de loi qui nous est présenté nous paraît une réponse équilibrée et nous veillerons à ce que son esprit soit respecté dans son application.

J’insisterai sur trois éléments plus particulièrement.

La résolution des conflits d’intérêts, tout d’abord, et ce pour une raison simple : il nous faut écarter toute idée de possible enrichissement personnel en raison d’une situation conflictuelle entre sa situation privée et publique. Il ne doit par exemple plus être possible d’employer des membres de sa famille dans les cabinets parlementaires ou gouvernementaux. Notre pays ne manque ni des compétences, ni des talents pour occuper chacun des postes nécessaires.

La transparence fiscale aussi, qui fait bien sûr suite à la suppression des Indemnités de Représentation de Frais de Mandat mais va plus loin puisque le projet de loi prévoit désormais des sanctions voire une démission d’office en cas de manquement aux obligations de conformité. Le déontologue, dont les moyens devront d’ailleurs être renforcés, veillera à ce qu’il en soit ainsi.

La banque de la démocratie enfin, dont je comprends toutes les réserves quant à la difficulté de sa mise en œuvre, mais qui nous paraît essentielle pour garantir un accès équitable de toutes les formations politiques et des candidats au financement nécessaire à leur action. Cette banque a vocation à assurer la pérennité du financement des partis politiques afin que cela ne soit plus dans certains cas une condition insurmontable à la compétition citoyenne. Cette structure vous le savez toutes et tous, est rendue nécessaire pour garantir le pluralisme politique.

Mesdames, Messieurs les députés, la première condition de la reconquête de la confiance de nos concitoyens ne passera pas uniquement pas des mesures législatives, car c’est d’abord aux hommes et aux femmes politiques, par notre comportement, de montrer que nous respectons le mandat qui nous a été donné. Cette bonne pratique commence à mon sens ici, par le vote de ce projet de loi.

Je vous remercie.

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