Aéroports de Paris : « Veiller à ne pas reproduire des choix moins rentables sur le long terme »

Aéroports de Paris : « Veiller à ne pas reproduire des choix moins rentables sur le long terme »

Aéroports de Paris : « Veiller à ne pas reproduire des choix moins rentables sur le long terme »

Début mars, le gouvernement annonçait envisager la cession d’actifs au sein d’Aéroports de Paris. Cette entreprise, dont l’État détient actuellement 50,63% du capital, génère près de 130 millions d’euros de dividendes par an.

Lors de la séance de contrôle sur le programme de privatisations du gouvernement, qui s’est tenue hier dans l’hémicycle, Jean-Paul Mattei a appelé à faire primer l’intérêt national :

« Alors que le secteur connaît un véritable boom économique, avec un doublement du trafic aérien attendu pour les deux prochaines années au niveau mondial et un résultat du groupe estimé en hausse de 30 à 40% entre 2014 et 2020, la décision de la cession des participations de l’État doit être mûrement réfléchie.

Il faut veiller à ne pas reproduire certains choix finalement moins rentables sur le long terme, comme l’ont dénoncé la Cour des Comptes et l’Autorité de la concurrence pour les autoroutes.

En cédant ses parts, l’État prend le risque de voir évoluer à la hausse les taxes aéroportuaires et ne pas pouvoir bénéficier de la croissance du secteur. De surcroît, cette privatisation complexifiera la gestion des emprises foncières stratégiques associées aux aéroports, soit 412 hectares. »

Jean-Paul Mattei, député des Pyrénées-Atlantiques, commission des Finances

Répondant à ces interrogations, Bruno Le Maire a fait part de sa détermination à ne pas « refaire les erreurs du passé ». Il a assuré que l’État conserverait le contrôle de ses actifs stratégiques et promis des mécanismes de régulation à cet effet. Ces engagements, bien qu’imprécis, sont de nature à rassurer quant à la volonté du gouvernement de préserver les intérêts publics. Nous demeurons toutefois convaincus qu’une telle ambition est incompatible avec une privatisation.

« Le groupe Aéroports de Paris est stratégique à de nombreux égards. Outre l’aspect financier, il est en première ligne dans la gestion des frontières. Aussi demandons-nous au gouvernement de privilégier des solutions alternatives à la privatisation, qui apporteraient toutes les garanties nécessaires à la préservation des intérêts de la France. »

Marc Fesneau, président du groupe MoDem et apparentés

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