Déclaration de politique générale du Premier Ministre

Déclaration de politique générale du Premier Ministre

Déclaration de politique générale du Premier Ministre

 

Le mercredi 12 juin, le Premier Ministre, Édouard Philippe, s'est adressé à l'Assemblée nationale dans le cadre de la déclaration de politique générale du Gouvernement.

 

Discussion générale

Discours de Patrick Mignola, Président du groupe Mouvement Démocrate et Apparentés

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    Seul le prononcé fait foi,

    Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre
    Mesdames et Messieurs les Ministres,
    Chers collègues,

    L’acte II du quinquennat sera celui du peuple. Le peuple français qui attend un nouvel en même temps : celui de l’ambition pour le pays et de l’attention à chacun de ses citoyens, celui qui prépare l’avenir de ses enfants en le conjuguant au présent de ses habitants.

    En 2017 les Français ont renversé la table pour élire le plus jeune président de la Vème République et ils lui ont donné une majorité, la nôtre, pour gouverner.
    Car leur pays ne tenait plus ses promesses, car ses dirigeants ne tenaient pas les leurs.
    Perclus de renoncements et de reculades, victime de quinquennats qui durent deux ans, la France arrêtée dans un monde qui avance, la France immobilis in mobile, avait cessé de leur donner des chances, quels que soient leurs efforts pour les saisir.

    Alors M. le Premier Ministre, vous, qui en effet arriviez d’ailleurs mais partagiez avec nous le diagnostic, le projet et son urgence,
    Vous avez, avec votre gouvernement, nous avons, avec la majorité, déployé toute l’énergie possible pour remettre le pays en mouvement.

    Faire là où trop souvent on avait reculé, réformer quand on annonçait la réforme impossible, réparer ce qui pouvait l’être au plus vite et transformer pour ne plus avoir à réparer ensuite.

    Vous vouliez, nous voulions, tenir tous les engagements du Président de la République, parce que nous n’avions plus le droit de manquer à notre parole.
    Et nous avons obtenu des résultats concrets.

    Le chômage baisse, la croissance augmente, le gain de pouvoir d’achat paie aujourd’hui un demi-loyer, et paiera demain un treizième mois pour tous les travailleurs de ce pays.
    Et pourtant, les Français continuent, selon le titre provocateur d’Hervé Le Bras de « se sentir mal dans une France qui va bien ».

    Et c’est de notre faute. Pas seulement la nôtre, une objectivité intellectuelle même sommaire aurait pu conduire l’oratrice qui m’a précédé à cette tribune à en convenir, mais va ! Quand on est aux responsabilités, on assume même celle des autres !

    Mais c’est bien de notre responsabilité si les Français pensent que ce qui est accompli pour le pays ne se traduit pas assez vite, et pas pour tous dans leur quotidien.
    Portons-la, non pas comme un cilice, mais comme une aspiration à faire mieux et à faire avec eux.

    Vous l’avez dit tout à l’heure : nous n’avons pas assez comblé les failles sociales profondes, et les inégalités que la mondialisation avait creusées, entre ceux qui avaient su suivre et ceux qui n’avaient pas pu, ou parfois pas voulu, car ce monde leur était étranger dans un pays qui n’avait pas su les y préparer.

    Comme souvent en politique, la caricature facile est venue, d’un Président des riches alors qu’il ne l’était guère, de naissance, et d’un Président des métropoles alors qu’il n’en était guère, d’origine.

    Les Français ont mis un maillot jaune et nous ont fait faire le Tour de France du Grand Débat. Un grand peuple. Un exercice démocratique inédit, à régulièrement réitérer.

    Vous l’avez exprimé tout à l’heure, M. le Premier Ministre, et nous devons vous savoir gré de cette humilité si rare en politique, notre majorité était sûrement celle de la France mais pas assez celle des Français.

    Alors oui, l’Acte II sera celui des Français rassemblés.
    Au terme de l’Acte I, le pays est debout.
    A l’Acte II, il doit marcher, et marcher ensemble, c’est d’ailleurs le titre de la pièce, En Marche ! Et c’est le groupe du Mouvement Démocrate qui le signe.

    Nous devons continuer à mettre en mouvement le corps politique et social. Mais en réaffirmant aux côtés des Français, l’horizon vers lequel nous avançons ensemble.

    Notre projet, c’est celui d'une économie libérée mais régulée, au service d'un modèle social unique au monde et de l’immense défi environnemental que notre génération a la responsabilité de relever.
    Une société du progrès partagé.

    Qui corrige les excès du capitalisme mondialisé, pour que le fruit du travail des petits ne soit plus capté, principalement, par les grands.
    Nous n’acceptons pas que le salarié de l'industrie gagne mieux sa vie mais enrichisse principalement l'actionnaire et finance des parachutes dorés.
    Que l’ouvrier du Bâtiment nourrisse plus sûrement le propriétaire foncier qui a vendu son terrain.
    Que l'agriculteur se lève tous les jours pour survivre mais fasse d’abord prospérer la grande distribution.
    Nous sommes favorables à l’économie ouverte et libre, car la France beaucoup à y gagner. Mais nous assumons de la réguler, car il n’y a aucun calcul de croissance qui vaille s’il ne prend pas en compte nos empreintes écologiques et l’épanouissement humain.
    Nous voulons la croissance et le capital, mais la croissance verte et le capitalisme à visage humain.

    Alors oui, M. le Premier Ministre, le groupe du Mouvement Démocrate et apparentés fait confiance à votre gouvernement pour continuer à réformer le pays en répondant mieux aux attentes sociales.

    Oui, nous devons réformer l'assurance-chômage et tout notre effort doit être concentré sur ceux qui sont éloignés de l'emploi.
    Ceux qui disposent des compétences pour retrouver un travail doivent le faire sans attendre, car l'assurance-chômage est une couverture sociale et pas un droit de tirage pour les entreprises et certains salariés permittents.

    Nous devons aussi aux Français cette grande loi de prise en charge de la dépendance, qui concerne toutes les familles et engage nos dignités individuelles et collectives.

    Nous leur devons une vraie réforme des retraites, concertée, rassurante et ambitieuse, comme celle que nous venons d'accomplir pour la fonction publique.

    Face aux défis technologiques, nous devons être au rendez-vous de la loi Bioéthique, à la fois pour tenir la parole du Président de la République et réfléchir ensemble à notre cadre de vie commun.

    Face au défi climatique, nous devons poursuivre nos efforts en légiférant en faveur de l'économie circulaire, de l'énergie, mais aussi de l'eau, dans sa protection comme dans sa gestion sur nos barrages, car elle est un bien précieux de l'humanité.
    Nous voulons une écologie politique nouvelle, qui sort des constats, des intentions et des victoires symboliques sans réalisme et sans effets ;
    Qui ne se satisfait pas qu’on préfère ne rien faire car les Français ne peuvent pas tout supporter d’un seul coup. Mais qui progresse, qui entraine et qui organise des transitions efficaces et irréversibles.

    Et nous devons relever un défi démocratique. Inventer une citoyenneté nouvelle.
    Les Français veulent être mieux associés et mieux entendus, par une démocratie plus interactive, par la vitalité des collectivités locales et par une représentation plus équitable de leurs élus nationaux.

    Il est indispensable, comme vous l'avez rappelé, que nous bâtissions avec les maires un nouveau contrat républicain, sur la fiscalité locale, sur l'adaptation de la loi NoTRe et, nous le croyons aussi, sur l’engagement des élus.

    Les maires, ce n'est pas un réseau politicien, c'est d'abord la vie quotidienne des Français et la courroie d'application indispensable à nos décisions !

    Sur la révision constitutionnelle et institutionnelle, nous avons l'opportunité formidable d'inscrire l'écologie, la différenciation territoriale, la démocratie participative, la réforme de la Justice dans la Constitution, et la représentation proportionnelle dans la loi.
    S'agissant de la réduction du nombre de parlementaires, travaillons à une solution commune avec le Sénat pour réaliser un engagement auquel tiennent les électeurs. La Haute Assemblée et la Chambre Basse peuvent peut-être se rejoindre à une hauteur commune, celle des attentes des Français !

    Pour mettre en œuvre, et ce projet, et ces réformes, pour que la société politique contemporaine ne soit plus, comme le disait Camus, « une machine à désespérer les hommes », vous avez besoin d’une majorité solide et ouverte,
    Et les Français ont besoin, nous le croyons profondément au Mouvement Démocrate, d’un Parlement fort qui vote des lois efficaces.

    Notre majorité.
    Elle doit s’enorgueillir de ressembler à la France, qui n'est jamais elle-même si elle cultive une identité de rétroviseur en oubliant de fixer son avenir sur l'horizon.
    Oui nous venons de la gauche, de la droite et du centre. Mais face à un problème des Français, nous ne devons pas d’abord nous demander s’il sonne de gauche ou s’il sonne de droite, nous devons apporter des solutions.

    C’est parce que trop longtemps la droite a clivé sur des sujets sociétaux que la France a ouvert des plaies et nourri des divisions ; c’est parce que trop longtemps la gauche a nié les libertés économiques dans leur principe qu’elle n’a pas su en juguler les excès.

    Les Français ont dépassé le clivage en 2017, l'ont confirmé en 2019. Ils ne nous demandent pas de nous renier, mais de nous dépasser pour le bien du pays.

    Notre majorité ne doit pas cultiver ses différences au moment où, au contraire, elle doit s’ouvrir à plus différent qu’elle dans l’intérêt du pays.
    Notre majorité gagnera à s’ouvrir à de nouveaux soutiens, en respectant leurs différences, plutôt qu’à cultiver les siennes.

    Et au Parlement, n’oublions pas de faire la loi pour le peuple. Et donc de la faire bien.

    Si la loi est celle du peuple, elle n’est pas nécessairement la liste de tous les envies des administrations centrales. Elle est celle discutée avec la représentation nationale.
    Si la loi est celle de la République, elle n’est pas non plus le réceptacle des marottes de tous les parlementaires.
    Si nous voulons accomplir tout ce qui est de notre charge, chers collègues, pensons moins à nosdéputés.fr qu’au peuple et à ce qu’il attend de nous !

    En nous demandant si nous avons confiance en vous, M. le Premier Ministre, vous nous demandez aussi si vous pouvez avoir confiance en nous.
    Alors la réponse du Mouvement Démocrate et apparentés est bien sûr positive, et elle est exigeante, vis-à-vis de vous et de votre gouvernement, et de nous-mêmes car cette confiance engage notre parole devant les Français.
    Je vous remercie.

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