Les réformes sociales ne doivent faire que des gagnants !

Les réformes sociales ne doivent faire que des gagnants !

Les réformes sociales ne doivent faire que des gagnants !

Proposer la « déconjugalisation » de l’allocation adulte handicapé, comme cela a été débattu ce matin à l’Assemblée nationale, part d’une intention en apparence louable : permettre aux adultes handicapés qui ne la touchent pas en raison de leur situation matrimoniale d’en bénéficier. Cependant, dans sa rédaction initiale, cette proposition créait certes des gagnants mais aussi beaucoup de perdants.

Tout le combat de la majorité depuis 4 ans, c’est de permettre aux personnes en situation de handicap de travailler, d’aller à l’école, à l’université, d’être en formation afin qu’ils aient une vie sociale et professionnelle la plus épanouie.

Or, certaines de ces personnes qui travaillent et dont le conjoint est sans emploi ou à faible revenus seraient impactées négativement par la déconjugalisation de l’AAH. Comment pourrait-on qualifier de progrès social le fait de couper les aides d’un ménage modeste tout en envoyant le signal qu’être travailleur handicapé exclut du droit à bénéficier de la solidarité nationale ? Qui pourrait s’enorgueillir de voter une mesure qui baisserait ou supprimerait les aides pour plus de 45.000 personnes ?

A une réforme qui aurait créé des gagnants au détriment de perdants, nous avons préféré une réforme qui bénéficie à tous. C’est le sens du texte tel que voté aujourd’hui : l’augmentation du plafond de revenus adoptée permettra en effet à 60% des ménages dont le bénéficiaire est inactif de percevoir l’AAH à taux plein contre 45% ce jour, soit un gain moyen de 110 euros par mois au bénéfice de 120.000 foyers.

Améliorer la situation de 120.000 foyers sans léser personne nous semble beaucoup plus social et inclusif que de procéder à une redistribution sèche et injuste, telle que proposé par le groupe communiste et soutenue opportunément par d’autres groupes politiques qui n’en sont pas à un reniement près. La preuve en est : aucun argument chiffré n’a été avancé par les défenseurs de la version initiale du texte, qui se sont contentés de grands principes.

Le Gouvernement et la majorité n’ont aucune leçon à recevoir en matière de politique publique de soutien aux personnes en situation de handicap par ceux qui voudraient instrumentaliser ces problématiques à des fins politiciennes et électoralistes.

Le rattachement, dès 2017, du poste de secrétaire d’état chargée des personnes handicapées auprès du premier ministre, les mesures pour une meilleure inclusion scolaire en confortant les postes d’AESH, la simplification des démarches relatives à la reconnaissance du handicap, le renforcement des droits de formation ouverts aux travailleurs en situation de handicap et le relèvement inédit de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés) de 12%, près de 100 euros, témoignent de cette volonté infaillible.

La conjugalisation des aides sociales est au cœur du modèle de notre solidarité nationale. Ni l’opposition systématique au Gouvernement, ni la fébrilité politique à l’approche des élections, ne sauraient justifier l’instrumentalisation des politiques publiques de soutien aux personnes en situation de handicap.

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