Patrick Mignola, invité du Talk le Figaro le 17/09/20

Patrick Mignola, invité du Talk le Figaro le 17/09/20

Patrick Mignola, invité du Talk le Figaro le 17/09/20

Patrick Mignola, président du groupe, était l'invité d'Yves Thréard, dans le Talk le Figaro, jeudi 17 septembre 2020.

Retrouvez l'article du Figaro

Patrick Mignola

Il y a des faits graves qui se sont passés ce matin dans le pays, avec le clip d’un chanteur en mal de notoriété, qui s’est permis les pires incitations à la haine raciales et antisémites. Et je veux simplement dire, en commençant cette émission, au nom de mon groupe, mais je crois parler au nom du plus grand nombre des élus de l’Assemblée nationale que le Garde des Sceaux doit aujourd’hui saisir le Procureur de Paris, non seulement contre ce chanteur, mais aussi contre les réseaux sociaux et les plateformes qui ont diffusé ces images et ces messages. Parce que la loi de 1986 qui lutte contre le racisme et l’antisémitisme, elle s’applique aussi bien à ceux qui disent qu’à ceux qui colportent ce qui est dit. Et je voulais simplement en dire un mot, en commençant.

Voilà, c’est fait, on ne donnera pas le nom de ce chanteur…

Patrick Mignola

Non, parce que ça ne sert à rien. Ça le ferait connaître.

Voilà, qui fait l’apologie du nazisme et qui a des propos on ne peut plus antisémites à la veille de Rosh hashana et alors qu’il y a le procès, comme tout le monde le sait, des attentats du mois de janvier 2015. Alors on revient à Édouard Philippe, je vous disais, je vous ai cité, qui annonce des temps plutôt difficiles. Deux questions : Un, est-ce que l’exécutif sait où il va ? Parce que lui, il pose la question.

Patrick Mignola

Aujourd’hui, nous avons besoin d’apporter des réponses aux Français. C’est ça votre question.

Elles n’ont pas été apportées encore ?

Patrick Mignola

Les Français ont beaucoup d’inquiétude. Ils ont des inquiétudes sanitaires, et Olivier Véran va, à nouveau, ce soir, annoncer un certain nombre de mesures sanitaires…

Pensées par le Président de la République !

Patrick Mignola

Oui, j’ai vu le Figaro ce matin et j’ai vu ce que vous en disiez, l’important est d’abord la réponse que l’on doit apporter aux Français pour les tests, pour que les choses soient claires…

C’est trop long ? Il faut revoir tout ça ?

Patrick Mignola

Et bien il faut surtout que chacune et chacun d’entre nous adopte un esprit de responsabilité. Ce n’est pas parce que la veille on est allé un peu trop faire la fête dans un bar qu’on doit aller se faire tester le lendemain pour se rassurer soi-même, d’abord on n’est pas obligé d’aller faire la fête, enfin on peut aller dans les bars, au contraire, il faut faire tourner les bars, mais on n’est pas obligé de le faire à moins d’un mètre les uns et des autres. Et, en revanche, il faut qu’on ait la responsabilité de se dire, individuellement, que les tests, ce sont pour les personnes les plus fragiles et celles qui sont atteintes, ça, ce sont les premières réponses.

Vous voulez dire qu’il n’y a pas suffisamment, qu’il n’y a pas une méthode, pas une stratégie de la part du Gouvernement, elle n’est pas encore très claire ?

Patrick Mignola

En fait, je pense que le Gouvernement, dans cette situation très difficile, a plutôt bien géré cette crise sanitaire. En s’adaptant au jour le jour, semaine après semaine, en fonction de l’évolution du virus, des incertitudes qu’il pouvait y avoir…

L’épisode des masques, quand même…

Patrick Mignola

Mais dès le départ, j’avais dit, évidemment, on avait un problème sur les masques, et au fond, le problème des masques, c’est que si on fait fabriquer des masques en Chine et que l’épidémie vient de Chine, évidemment, on va avoir des difficultés d’approvisionnement. Tout cela, il faudra en tirer les conséquences pour l’avenir. Mais c’est surtout, je crois qu’il y a une bonne gestion de la part du Gouvernement mais il faut juste que dans ce pays on se dise que, pour que des bonnes décisions gouvernementales soient efficaces, il faut aussi que chacune et chacun, sur le terrain, sache se les appliquer à soi-même. Donc en matière sanitaire, il faut qu’on soit responsable, responsable ensemble, vigilant, en particulier envers les plus fragiles, en matière économique, on a besoin aussi d’une très grande mobilisation de terrain, parce que le Gouvernement va mettre 100 milliards…

Qu’est-ce qui doit répondre, le Gouvernement, à l’affaire Bridgestone ? Bridgestone c’est donc une entreprise qui fabrique des pneus, qui a décidé de fermer son unité en France, alors qu’elle en maintient d’autres en Europe, que peut faire le Gouvernement ? Alors ça n’a rien à voir avec le Covid, c’est simplement parce que la France importe des pneus chinois.

Patrick Mignola

Mais on ne peut pas rester encore des années et des années avec ces plans sociaux qui reviennent de façon lancinante, par des grands groupes mondiaux qui font des choix et des arbitrages internationaux, en se disant que, sur tel site on ne va plus investir pendant une dizaine d’années, et on expliquera qu’ainsi, le site est obsolète.

Il y a un défaut d’anticipation par les gouvernants français ?

Patrick Mignola

Mais ce ne sont pas les gouvernants qui font l’industrie et qui font l’économie du pays, vous le savez bien. Mais en l’occurrence, nous avons des personnes qui sont venues en France, qui bénéficient d’une implantation territoriale, qui ont pu bénéficier d’un certain nombre de subventions à l’installation…

Le CICE…

Patrick Mignola

Qui ont pu bénéficier du CICE, mais vous savez le CICE était tellement mal fait, puisqu’en fait, on aurait mieux fait de faire une baisse de charges, pure et simple, à l’époque, plutôt que de faire un CICE qu’on a été incapable de conditionner, d’ailleurs nous, on a décidé de supprimer le CICE et d’en faire une vraie baisse de charges, mais quand on a décidé de faire la baisse des charges, Bridgestone en a bénéficié…

Est-ce que le Gouvernement doit intervenir ?

Patrick Mignola

Je pense que le Gouvernement doit intervenir, regarder avec Bridgestone, pour faire faire à Bridgestone ce que fait tout chef d’entreprise. Moi, j’ai été chef d’entreprise 17 ans. J’ai connu des périodes de prospérité, j’ai connu des périodes de difficultés. Il a fallu, un jour, que je décide de liquider un certain nombre de mes entreprises. Quel a été mon travail, pendant 18 mois, pendant 2 ans, je me suis battu pour trouver des repreneurs. Et quand on a vu qu’on ne pouvait pas faire reprendre les activités, ensuite on a regardé comment ne pas faire de casse sociale et comment on accompagnait les salariés.

Mais c’est ce que fait Bridgestone 

Patrick Mignola

Pas du tout !

On va essayer de reclasser les gens…

Patrick Mignola

Pas du tout, Bridgestone a annoncé, dans des conditions indignes, aux salariés, par vidéo, hier après-midi, sans que rien n’ait été prévu, que finalement le site fermerait. Bridgestone doit faire ce que tout entrepreneur responsable doit faire.

Qu’est-ce qu’il va se passer alors ?

Patrick Mignola

En cas de difficultés, d’abord on cherche des repreneurs, et ça, l’État peut imposer à Bridgestone de travailler à une reprise des activités en récupérant le plus grand nombre possible de salariés. Deux, Bridgestone doit payer l’accompagnement social, la reconversion pour ceux qui, éventuellement, ne seraient pas prêts à…

Qui va reprendre alors que le marché est complètement embouteillé par les importations chinoises ?

Patrick Mignola

Mais pas du tout, vous savez, moi je suis élu d’une région dans laquelle y’a Michelin. Qui a d’autres principes que Bridgestone dans la gestion sociale.

Ils ont fermé des sites aussi, vous vous souvenez de ce que disait Jospin ? L’État ne peut pas tout.

Patrick Mignola

Oui, mais vous savez, la dernière fois que Michelin, et c’est déjà il y a quelques années, avait fermé un site, il y a eu l’accompagnement social, la reconversion de tous les salariés, qui ont pu aller sur d’autres sites Michelin, qui ont pu trouver d’autres emplois. Je pense, et au fond, quand vous me dites « qu’est-ce que l’État doit faire ? Qu’est-ce les gouvernants peuvent faire ? ». Le message de la France en matière économique, c’est qu’une entreprise, ce n’est pas qu’une entreprise pour faire de l’argent. Parce que ce serait uniquement une cupidité, une entreprise elle doit faire de l’argent, de la rentabilité, mais elle a aussi un rôle social et sociétal à jouer. Et donc, quand elle va bien, elle doit permettre au pays d’avancer, et quand elle va mal, elle doit savoir financer l’accompagnement de salariés en difficulté. Vous savez, dans la loi PACTE, on a voté la « raison d’être » des entreprises. Et bien une entreprise, elle a un objet social, faire de l’argent, elle a une raison d’être, c’est participer à la vie économique et sociale du pays.

Édouard Philippe s’exprimait hier soir, donc lui il était dans le cadre de la campagne des Sénatoriales qui doivent avoir lieu le 27 septembre, il pourrait revenir pour l’élection présidentielle de 2022 lui ?

Patrick Mignola

C’est la grande question que beaucoup me posent.

Et alors ? Qu’est-ce que vous répondez ?

Patrick Mignola

Je suis persuadé d’une chose, pour avoir côtoyer beaucoup Édouard Philippe et Emmanuel Macron, notamment dans les périodes très difficiles que nous avons vécues au moment du confinement et du déconfinement, parce que les Présidents de groupe avaient cette charge et aussi cet honneur de gérer à leurs côtés les décisions qu’on avait à prendre, je connais le lien de respect et de loyauté qui existe entre les deux.

Donc vous allez me dire non.

Patrick Mignola

Et donc moi je suis persuadé qu’Édouard Philippe pourra revenir au moment de l’élection présidentielle pour aider Emmanuel Macron à être réélu. 

Vous avez dit, il n’y a pas très longtemps « notre ambition », nous MoDem, puisque vous êtes vice-président du MoDem, par ailleurs, « c’est de rassembler les familles du centre éclaté et qui ont aujourd’hui la possibilité de se retrouver ». C’est-à-dire que, aujourd’hui, le centre de gravité de la majorité présidentielle, c’est le MoDem ?

Patrick Mignola

Dans ce vaste espace central, à la majorité présidentielle, nous avons une responsabilité particulière, parce qu’il y a des personnes qui viennent de la droite, il y a des personnes qui viennent de la gauche et puis il y a des personnes du centre historique, de la démocratie chrétienne, du radicalisme, qui se retrouvent dans cette maison du Mouvement Démocrate. Je pense qu’au moment où on aborde les élections régionales, nous aurons souvent la même stratégie qu’avec un grand nombre d’autres élus, du centre, sur le terrain ou à l’Assemblée nationale. Au moment où l’on aborde l’élection présidentielle, où il faudra prendre nos responsabilités, pour qu’Emmanuel Macron, je le crois fondamentalement, continuer le travail qu’il fait pour le pays, et bien que toutes ces familles qui aujourd’hui figurent dans différents partis, dans différents groupes parlementaires, puissent se retrouver.

Dans ce grand espace central, dans cet espace Démocrate, je vais dire, parce qu’au fond, c’est le nom générique…

Il faudrait une fédération ?

Patrick Mignola

Non, je crois qu’il faut des gens qui travaillent en commun. Je ne crois pas aux structures, je ne crois pas aux partis, je ne crois pas aux fédérations…

Le Premier ministre parlait d’un « Intergroupe » à l’Assemblée nationale.

Patrick Mignola

Oui, mais vous savez, entre le groupe La République en marche, le groupe MoDem, le groupe Agir et d’autres demain, bien sûr qu’on doit mieux resserrer nos liens et avancer pour le pays. Mais il y a aujourd’hui des députés du centre qui se trouvent à l’UDI, qui se trouvent au groupe Liberté et Territoires, qui aujourd’hui, vont avoir un choix devant eux : c’est le choix d’être avec les Républicains ou d’être avec les Démocrates. D’être dans l’opposition, ou de se retrouver dans ce grand espace central qui a vocation à se structurer pour le pays.

J’entends bien, mais ils ont du mal à se repérer, parce qu’ils voient les Régionales arriver, pour ceux qui s’y intéressent de près, et ils se disent « tiens, les centristes, ils vont s’allier à LR dans certaines régions », on pense notamment à la région PACA, où Monsieur Muselier va avoir, sans doute, une opposition du RN importante, et là vous allez faire cause commune ?

Patrick Mignola

Je pense que la majorité présidentielle doit être présente dans ces élections régionales…

Donc en PACA vous devez présenter un candidat contre Renaud Muselier ?

Patrick Mignola

En toute hypothèse, en ayant à l’esprit, évidemment qu’il peut y avoir des régions où il y a un risque Front National, et dans cette hypothèse, vous le savez bien, nous prenons toujours nos responsabilités, mais dans ces élections régionales, il ne faut pas qu’on joue un pré-premier tour de l’élection présidentielle. Or, on voit bien qu’un certain nombre de présidents de région sortants ont envie de jouer, Xavier Bertrand a dit « sa primaire de la droite à lui »…

Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez ?

Patrick Mignola

Voilà, certains veulent faire naître ou renaître leur candidature à la Présidentielle, d’autres veulent faire survivre leur étiquette, puisque la question est de savoir si à gauche, ensuite, on aura les écologistes qui seront la succursale du PS ou si ce sera l’inverse. Bon. Et bien moi je pense que pour les élections régionales, il faut parler des régionales. Que la loi NoTRe a apporté bien des désagréments aux élus locaux mais qu’elle a au moins clarifié les choses : les régions s’occupent d’économie. Et quand on est dans la période de relance économique, il faut que les régions soient des vrais relais. Moi je plaide pour qu’au moment des élections régionales, la parole de la majorité présidentielle soit tenue sur « comment, sur le terrain, on décline le plan de relance pour les Françaises et les Français ». Pour accompagner les entreprises, pour accompagner les indépendants, pour accompagner les salariés.

La majorité présidentielle aura un candidat dans toutes les régions ?

Patrick Mignola

Oui, je le souhaite. Je souhaite qu’il y ait une candidature dans toutes les régions et que ce soit une candidature qui soit au-delà des étiquettes, capable de rassembler des énergies sur le terrain. D’aller chercher dans le monde associatif, d’aller chercher dans le monde économique, parce que c’est avec eux qu’il faut travailler aujourd’hui. Qu’il y ait une offre politique nouvelle qui ne soit pas juste une espèce de droite / gauche comme on l’a vécu aux municipales.

Je parlais d’Édouard Philippe, qui n’a jamais voulu porter la tunique du chef de la majorité, c’est le cas de Jean Castex, Jean Castex, il veut être le chef de la majorité, mais on a l’impression qu’il y en a certains qui regimbent.

Patrick Mignola

C’est une distinction que je désapprouve. Moi je pense qu’Édouard Philippe était le chef de la majorité. Alors il l’a énoncé de façon moins claire et moins immédiate que ne l’a fait Jean Castex, mais il était le chef de la majorité !

Mais Jean Castex, il vous convient comme chef de la majorité ?

Patrick Mignola

Et aujourd’hui, de la même façon que nous travaillions avec Édouard Philippe, où c’était une situation très particulière quand en juin 2017 une majorité de nouveaux députés était arrivée à l’Assemblée nationale, Édouard Philippe a su les faire travailler ensemble. Aujourd’hui, Jean Castex est arrivé, et nous dit, voilà, non seulement il faut qu’on travaille mieux encore ensemble parce que les quinquennats doivent durer 5 ans…

Vous dites oui ?

Patrick Mignola

Moi je suis assez favorable à ce que les quinquennats durent cinq ans dans ce pays.

Mais est-ce que vous topez avec Jean Castex ?

Patrick Mignola

Oui, bien sûr ! Moi je lui ai dit dès le départ, vous savez quand il m’a fait l’honneur de m’appeler quelques heures après sa nomination, j’ai dit la première chose dont il faut s’occuper, c’est la majorité parlementaire, pas pour se regarder, mais parce qu’au bout de trois ans, forcément…

Il y a des tiraillements entre MoDem et LREM, il y a des LREM qui sont venus chez vous d’ailleurs…

Patrick Mignola

La question n’est pas de savoir s’il y a des MoDem qui iront à LREM ou des LREM qui iront au MoDem, le vrai enjeu, c’est que la majorité parlementaire le reste jusqu’au dernier jour du quinquennat, pour que ce quinquennat dure cinq ans. Les Français en ont besoin. Et que cette majorité, elle s’élargisse. Et notre devoir, c’est surtout de veiller, comme je l’ai fait à l’instant, devant vous, à ce que des personnes qui sont aujourd’hui dans l’opposition mais qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes objectifs que nous, face au pays, vous savez, j’ai beaucoup travaillé avec mon ami Philippe Vigier, qui est le président du groupe Liberté et Territoires, qui comme vous l’avez observé, a démissionné de sa présidence du groupe Liberté et Territoires, et bien je souhaite que des personnalités comme ça, qui n’étaient pas dans la majorité jusqu’à présent, puissent nous rejoindre, pas pour le plaisir de dire « tiens on fait +1 ou on fait +5 », ça, c’est de la politicaillerie, mais pour se dire, on a besoin d’énergies nouvelles, renforçant la majorité, pour travailler au service des Français. 

François Bayrou, il sera candidat en 2022 ? Parce qu’à chaque Présidentielle, il est là.

Patrick Mignola

Et bien, lui qui avait toujours su avec beaucoup de talent faire vivre le suspense a déjà répondu à cette question, je crois, chez l’un de vos confrères, et je crois qu’il a ce lien particulier avec le Président de la République qui fera qu’il mettra son énergie à ses côtés.

Qu’est-ce que vous attendez de sa fonction de Haut-Commissaire au plan ? Qui a un parfum de siècle dernier…

Patrick Mignola

Vous savez je crois que dans les années 50, on a pensé quelques très belles réalisations des années 70, alors que dans les années 90, dans ce pays, on avait peut-être oublié ce qu’il fallait faire en 2020, et on l’a très bien vécu avec les masques… Je crois qu’aujourd’hui, il y a besoin, simplement, d’avoir quelqu’un qui n’est plus sous la dictature de l’instant, mais qui est capable, aux côtés du Président de la République et du Gouvernement, de signaler l’avenir. Pourquoi est-on passé complètement à côté de la révolution digitale et pourquoi on a pas des GAFA à la française, des GAFA à l’européenne ?

Et pourquoi on a encore des histoires Bridgestone…

Patrick Mignola

Et pourquoi on a encore des histoires Bridgestone, parce qu’on a été incapable de faire sentir que quand un groupe mondial vient dans le pays, il faut que ce groupe adopte les valeurs du pays.

Question des internautes

Alban Bartolomi

Emmanuel vous demande quelles sont les différences entre le MoDem et la République en Marche aujourd’hui, et qu’est-ce que vous pensez de l’idée de construire une « maison commune » pour reprendre l’expression de Stanislas Guérini le délégué général de la République en Marche ?

Patrick Mignola

Il y a plus de communs que de différences entre LREM et le MoDem, c’est précisément pour ça qu’on est en alliance dans la majorité. Donc je ne cesse pas de travailler les différences en général, s’il devait y en avoir une, c’est peut-être que cette famille politique que je préside à l’Assemblée elle vient de loin et d’une philosophie politique personnaliste, humaniste, qui s’était perdue dans les premières années de la Vème République et qui, aujourd’hui, renait. Elle peut donc apporter sa pierre à la possibilité d’un centre, d’un grand centre, tel que l’a constitué le Président de la République depuis 2017 en France.

Yves Thréard

Le centre finalement n’a aucune expérience sous la Vème République, c’est celle de Giscard d’Estaing, ça s’est terminé au bout de 7 ans. (…) Confiant pour l’avenir là.

Patrick Mignola

Exactement, mais vous savez, ce courant de pensée n’a jamais cessé d’exister.

Alban Bartolomi

Hier c’était l’arrivée du Tour de France sur le col de la Lauze où vous étiez, en Savoie. Emmanuel Macron aussi y était et a dit que les grands rendez-vous sportifs et culturels devaient se tenir autant que possible. Ça fait réagir Romain notre internaute, on est censé prendre des précautions dit-il, est-ce que ce n’est pas un mauvais signal ?

Patrick Mignola

Écoutez, j’y étais avec beaucoup de passionnés de vélos, avec beaucoup de passionnés de la Savoie, nous avons su une après-midi entière durant nous tenir à plus d’un mètre les uns des autres. Il ne faut pas s’arrêter de vivre, il faut simplement vivre avec un peu de vigilance. Mais on sait faire ça, vous savez, quand vous êtes adolescent, vous êtes un peu insouciant, quand vous êtes jeune, vous êtes un peu insouciant, le jour où vous faites des enfants, vous vivez dans votre insouciance d’avant, mais avec toujours cette petite voix qui vous dit « un souci pour eux ». Et bien là, on doit avoir le souci, aussi, d’être vigilant, sanitairement, pour les autres. Être un être humain responsable, être un citoyen responsable dans la République Française, c’est d’être soi-même, d’être libre, d’être le plus insouciant possible et vivre des évènements sportifs et culturels, mais c’est toujours d’avoir une petite voix de solidarité et de respect au fond de la tête.

Donc le Tour de France a toute sa place, en France, contrairement à ce que disent certains maires écologistes ?

Patrick Mignola

Oui, oui, enfin, que les écologistes s’occupent d’écologie et fassent baisser les gaz à effet de serre. Pour moi, c’est le seul objectif. La priorité en matière écologique, c’est quoi ? C’est de lutter contre le réchauffement climatique, de faire baisser les gaz à effet de serre. Polémiquer sur la distance entre clôture et culture ou sur la taille des sapins de Noël, n’a rien à voir avec le réchauffement climatique.

Alban Bartolomi

Notre internaute Kriskross réagit à votre réponse sur Bridgestone dont vous parliez tout à l’heure, à quoi sert-il de maintenir cette usine alors que les ventes de voitures plongent, ne faut-il pas voir plus loin et imaginer l’économie de demain ?

Patrick Mignola

Je fais partie de ceux qui pensent que dans l’économie de demain, il y aura plein de modes de mobilités différents mais il y aura toujours de la voiture parce qu’on est capable d’inventer dans la décennie qui vient des voitures qui ne produiront plus de gaz à effet de serre, des voitures propres, parce qu’elles fonctionneront à l’hydrogène ou parce qu’elles fonctionneront à l’électrique. Et ces voitures-là, si on trouve une énergie décarbonée, elles auront toujours besoin de pneus. Donc n’évacuons pas immédiatement, d’ailleurs ce serait très prétentieux de ma part de dire, bah tiens voilà je prévois que dans 5 ans ou dans 10 ans on fabriquera plus de pneus dans ce pays. Au contraire, quand on voit les investissements qui ont été faits par Michelin sur les dernières années pour faire du recyclage de pneus, pour reconfigurer, pour rechaper les pneus et avoir des pneus qui aujourd’hui sont de moins en moins en empreinte énergétique sur la terre, je pense qu’au contraire l’industrie automobile a un avenir devant elle si elle sait muter, et si elle sait désormais utiliser des énergies non-émettrices de gaz à effet de serre.

Alban Bartolomi

Dominique ne comprend pas bien malgré votre réponse les différences idéologiques entre tous les petits partis du centre, vous l’évoquez tout à l’heure, MoDem, UDI, Agir, on s’y perd nous dit-elle.

Patrick Mignola

Elle a parfaitement raison, moi j’ai connu cette maison lorsqu’existait ce que Valéry Giscard d’Estaing avait baptisé l’UDF. Nous pouvions être différents, certains étaient démocrates-chrétiens certains étaient radicaux, certains étaient libéraux et tous travaillaient ensemble. Moi j’appelle de mes vœux que ce vaste espace central de la vie politique, ce vaste espace démocrate s’organise, se retrouve, le face aux bénéfices des Français, pas seulement pour se regarder en termes de politique politicienne. Et le Mouvement Démocrate peut être la maison mère de cette grande famille démocrate enfin reconstituée.

Yves Thréard

Parce que que l’UDF c’était une fédération précisément…

Patrick Mignola

C’était une fédération mais je pense que ce qu’on faisait dans les années 70 où on faisait de la structure de parti est moins de saison aujourd’hui, rassemblons des énergies qui viennent du monde politique, qui viennent de la société civile et au fond, faisons-en sorte que des gens qui se ressemblent se rassemblent.

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