"Un Parlement avec plus de pouvoirs", entretien de Marc Fesneau dans Sud Ouest

"Un Parlement avec plus de pouvoirs", entretien de Marc Fesneau dans Sud Ouest

« Un Parlement avec plus de pouvoirs », entretien de Marc Fesneau dans Sud Ouest

Retrouvez l'entretien du président du groupe MoDem pour le journal Sud Ouest, lors de sa visite en Gironde.

Le vote de la loi Asile et immigration marque-t-il une première fracture dans la majorité parlementaire ?

J'ai d'abord du mal à distinguer dans les mots ce qui différenciait vraiment nos collègues Les Républicains de ceux du Front national. Contrairement aux idioties proférées, personne ne quitte son pays, au risque de sa vie, juste pour le plaisir de venir percevoir en France des allocations.Cela dit, qu'il y ait du débat et des divergences au sein du Parlement, je trouve ça plutôt sain. Si on ne dit rien, on est un godillot. Si on parle, la majorité se fracture. Une députée du groupe a voté contre parce qu'elle a elle-même vécu dans un camp de réfugiés. Je ne vais pas l'exclure pour autant même si la ligne majoritaire du groupe a été de voter en faveur du projet de loi qui, grâce notamment aux amendements du Modem, par exemple sur ce qu'on appelle improprement le délit de solidarité, est équilibré mais ne résout pas, loin de là, tous les problèmes de flux migratoires. Il y a une grave absence de solidarité européenne envers les Italiens et les Grecs.

Vous êtes en revanche en vrai désaccord avec l'exécutif sur la réforme institutionnelle...

Non, le compte n'y est pas mais pas seulement à cause de la proportionnelle. Et ce désaccord va au-delà du Modem. Il y a bien sûr des choses à revoir, par exemple la quantité d'amendements, souvent inutiles, qui sont déposés. Mais le pouvoir parlementaire doit être renforcé. Je ne connais pas de réforme institutionnelle qui n'ait pas renforcé le Parlement. Les parlementaires doivent se mettre d'accord entre eux et s'ils n'en sont pas capables, c'est que nous sommes tous des manchots. Le texte est une base, il faut l'amender, c'est le minimum dans une démocratie parlementaire. Et sans les parlementaires centristes, il n'y a pas de majorité des trois cinquièmes pour faire passer la réforme.

L'électorat macroniste venu de gauche peut-il se sentir floué ?

Il y a eu des mesures mais soit elles n'ont pas été suffisamment expliquées, soit elles ont été masquées par d'autres décisions comme la hausse de la CSG. Cela dit, quand il y a 30 000 chômeurs en moins, je considère que c'est une politique sociale même si c'est par une politique économique libérale qu'on y parvient. Nous, nous soutenons la politique mise en place parce que, je vous le rappelle, le programme présidentiel s'est fait avant le premier tour et pas entre les deux tours. Il est le fruit de la convergence entre Bayrou et Macron.

Où en est l'affaire des emplois présumés fictifs du Modem ?

La justice est lente. Il y a eu du pilonnage pendant trois semaines et puis plus rien. On en est encore à l'enquête préliminaire. Ni François Bayrou ni Marielle de Sarnez n'ont été auditionnés. Je crois que le parquet national financier a d'autres priorités.

Close